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Les Automnales de Berville sur Mer

Les Automnales 2006

PDF ADSL obligatoire   5 mo!!!!!!

L’Association Arts & Culture

La Commune de Berville-sur-Mer

présentent

 « LES AUTOMNALES »

Rétrospective

Louis-Henry LEMIRRE

Aquarelles – Huiles- Photos

Du 16 au 20 septembre 2006

De 10h à 12h et 14h à 18h

FOYER RURAL

              

Henry Louis LEMIRRE a souvent peint la Normandie et la Bretagne

 

 

Louis LEMIRRE, géomètre en 1948

au piquetage de l’îlot A1,

premier reconstruit à Vire

 

Louis-Henry  LEMIRRE en vingt-quatre dates

 

  • 8 avril 1929, rue Chênedollé, naissance de louis Lemirre.

 

  • 28 avril 1949 – 25 avril 1950, à Versailles, service militaire dans le Génie

 

  • 30 octobre 1950, à Versailles, mariage avec Jeannine Pardal.

 

  • 22 mars 1951 et 21 février 1952, naissances de Jean-Paul et Annick Lemirre.

 

  • 11 avril – 2 mai 1954, à l’hôtel du Cheval Blanc, 1ère exposition collective avec l’Atelier Virois.

 

  • 1er janvier 1959, « début professionnel ».

 

  • 16 avril 1960, « nouvelle touche ».

 

  • 29 novembre 1960, « changement de signature ».

 

  • 25 juin 1972, à Vincennes, champion de France de tir à l’arc.

 

  • 26 août – 10 septembre 1972, à Munich, participation aux Jeux Olympiques.

 

  • 1974, entrée dans « un groupe international d’artistes » avec lequel il fera deux tours du monde.

 

  • 24 novembre – 8 décembre 1974, à la MJC, première exposition personnelle.

 

  • 26 janvier 1999, admission à l’hôpital.

 

  • 1er août 2000, décès à la résidence Saint-Louis de l’hôpital.

 

  • 1er décembre 2001, rue René-Chatel, inauguration des salles de sport « Louis-Henry Lemirre »

 

  • 5 septembre – 5 octobre 2003, chapelle du Musée, rétrospective Louis-Henry Lemirre.

 

                                                                                Texte de Pascal BINET


 

LOUIS-HENRY LEMIRRE

 

Peintre Virois (1929-2000)

 

Louis-Henry Gaston Jean LEMIRRE est né le 8 avril 1929 à Vire (Calvados). Son père qui se prénommait également Louis, né en 1901 à Merville près d’Hazebrouck, était ouvrier peintre. Sa mère Henriette employée de commerce et également fille d’un peintre en bâtiment, était née à Vire en 1906. Fils unique, Louis-Henry Lemirre a passé toute sa vie à Vire où il est décédé le 1er août 2000. Il a vécu pour l’essentiel rue aux Teintures puis dans sa maison-atelier, 9, rue du Valhérel.

Louis-Henry Lemirre a profondément aimé sa ville et le Bocage dont il a peint les plus jolis coins. Il était viscéralement attaché à sa petite patrie. Sans doute à cause du vaste réseau d’amitiés qu’il y avait tissé depuis l’enfance. Sans doute aussi à cause du rôle qu’il a joué dans sa reconstruction, après la tourment de 1944, comme employé au bureau de Remembrement. De plus, il a toujours été très présent dans la vie sociale de sa cité comme un citoyen qui n’avait pas sa langue dans sa poche, comme sportif ou comme artiste. Il a, par exemple, réalisé le plan des parcours de pêche de la Gaule Viroise, dessiné l’encart, la carte et l’enveloppe édités lors de l’émission du timbre-poste représentant la Porte-Horloge (1967), illustré pendant longtemps le menu du banquet des anciens, réalisé la première affiche du club de golf, participé à l’illustration des livres de Collectionneurs Virois, créé le logo d’un radio locale etc..

Dans le domaine pictural, Louis-Henry Lemirre a tenté ses premières expériences dès 1945 même s’il se souvenait qu’étant enfant, sa grand-mère lui mettait un pinceau et des couleurs dans les mains pour qu’il se tienne tranquille. Véritable autodidacte, il se vantait d’avoir été renvoyé des Beaux-Arts de Caen pour « chahut intempestif », par Louis-Edouard Garrido lui-même. Il reconnaissait cependant avoir été influencé par l’œuvre de son ami Marin-Marie ou celle de Michel Ciry et avoir mis à profit les conseils de ses collègues Pierre Brette, Bernard Locca, Albert Brenet ou Jean Commère.

Ses débuts « officiels «  de peintre datent précisément du 25 décembre 1953. Il a 24 ans. En ce jour de Noël, il ouvre son « répertoire figuratif des tableaux exécutés à la peinture à l’huile » et précise sur la couverture que « les tableaux fait antérieurement à décembre 1953 (environ 79) ne sont pas considérés. Le tableau portant le numéro 1 s’intitule « la route sous la pluie ». Trois mois plus tard, il monte à Paris pour l’offrir à Sacha Guitry qui écrit de sa main sur ce même cahier « Merci et avec tous mes compléments. Vous voilà sur la route, allez ! ». Il expose pour la première fois, du 11 avril au 2 mai 1954 dans les salons de

l’Hôtel du cheval Blanc, à Vire, avec l’Atelier Virois qui deviendra les Arts Virois qui regroupe une vingtaine de peintres et de sculpteurs.

Ces débuts sont encourageants. La suite ne le sera pas moins. Dès 1955, au Salon des Artistes Bas-Normands, un critique le compare à Vlaminck. Au Salon International de Peinture de Deauville, le jury dont fait partie André Hambourg, le classe parmi les paysagistes «  grands finalistes ». En 1955 toujours, il reçoit les encouragements de Pierre Letellier ainsi que ceux d’Yvonne Guégan pour qui ses toiles sont « pleines de promesses ». Un an plus tard, un critique fait l’éloge de ses « tableaux remplis de pluie et de lumière cachée évoquant avec justesse le Bocage normand « ; Louis Lemirre multiplie les expositions à Vire, dans la région et jusque dans quelques galeries parisiennes.

Le succès est tel qu’à la date du 1er janvier 1959, il note en rouge dans son répertoire « début professionnel ». Décision sans doute favorisée par le fait que le bureau de Remembrement, devenu inutile, doit fermer ses portes. Dès lors, les événements s’accélèrent. A la date du 16 avril 1960, jour où il peint une « Nature morte aux maquereaux » on trouve dans son répertoire la simple mention « nouvelle touche ». Enfin, le 29 novembre 1960, à propos d’un « Contre-jour », il précise « changement de signature ». Louis Lemirre qui a signé quelques toiles R. Meriel (anagramme de Lemirre), devient Louis-Henry Lemirre. Suivra le fameux cachet-rébus formé d’une aile, d’une hache et d’une seconde aile (pour LHL) qui authentifiera ses toiles tout comme l’empreinte de son pouce gauche qu’il laissera systématiquement dans la peinture fraîche du jour où il apprendra qu’il a un imitateur ! fort d’un style bien à lui, reconnaissable au premier coup œil, Louis-Henry Lemirre mènera ainsi une carrière d’une trentaine d’années, essentiellement inspiré par le Bocage Virois ainsi que par les côtes normandes et bretonnes. Finalement, il ne changera jamais de manière alors que son fameux répertoire prouve qu’il a parfois été tenté par le surréalisme, le tachisme ou l’abstraction lyrique dans le goût d’un Georges Mathieu. Il affirmera même avoir « fait du Mathieu avant Mathieu ».

L’audience de Louis-Henry Lemirre ne fait que croître et embellir. Il décroche de nombreux prix. Prix des Peintres de l’Ouest à Ernée en 1962, Prix du Salon de la Côte de Nacre en 1964. Il est décoré de la Médaille d’Argent des Arts, Sciences et Lettres en 1966 au Palais de la Mutualité à Paris. Il participe également à de grands salons comme le Salon de la Marine en 1964 et 1966, au Palais de Chaillot. Plusieurs galeries parisiennes renommées lui font confiance.

L’année 1974 marque un nouveau tournant dans sa carrière. Il est admis dans un « groupe international d’artistes » avec lequel il va boucler l’équivalent de deux tours du monde et il présente sa première exposition personnelle à la MJC de Vire. La première d’une longue série qui va rythmer les fins d’années viroises jusqu’en 1991. Dès 1977, son succès l’autorise à se séparer progressivement des galeries et des marchands qu’il abandonnera définitivement en 1983. De même, il disparaît petit à petit des salons pour se contenter de sa seule exposition viroise qui, bon an, mal an, attire quelque deux mille visiteurs en une quinzaine de jours. En 19925, alors que sa carrière durant laquelle il a peint pas moins de 2000 huiles, a touché à sa fin, Michel Ciry écrit de lui qu’il n’a jamais « cessé de s’exprimer en honnête homme très doué ».

Si Louis-Henry Lemirre était un Virois profondément enraciné, il a également été un globe-trotter à une époque où voyager n’était pas chose si aisée qu’aujourd’hui et où les déplacements hors de nos frontières étaient bien loin d’être aussi fréquents. Ces échappées lui ont évidemment permis de nourrir son œuvre et de l’assaisonner d’un peu d’exotisme. Mais aussi d’éviter la routine. Il avouait d’ailleurs « en avoir parfois par-dessus la tête des marines » dans lesquelles ses admirateurs avaient tendance à l’enfermer. Paradoxe pour cet homme qui tenait essentiellement à son « indépendance ». C’est donc en 1974 qu’il a fait son entrée dans le groupe international d’artistes avec lequel il a pu visiter plus d’une centaine de pays des cinq continents. Il a parcouru la Sibérie et la Mongolie en 1975, l’Australie et Tahiti en 1976, l’Equateur, la Colombie, le Pérou et la Bolivie en 1977, la Chine et la Corée en 1978,  le Kenya et les Seychelles en 1979,  l’Afrique du Sud en 1980, le Népal, Ceylan, les Etats-Unis, le Canada en 1981, le Chili, l’Argentine et Cuba en 1982, la Turquie en 1983 ou la Malaisie et l’Indonésie en 1984, sans parler du Groenland, de l’Amazonie, des Philippines, des Célèbes, de l’Egypte, de la Grèce etc.. L’occasion aussi pour lui de séduire des collectionneurs allemands, belges, anglais, suisses, japonais, américains ou koweitiens et de présenter quelques expositions aux quatre coins du monde, comme à Québec en 1977, Tokyo en 1978 et Rio de Janéiro en 1979.

Peintre, Louis-Henry Lemirre l’était jusqu’au bout des doigts. Mais ce « métier » ne suffit pas, loin de là, à cerner entièrement l’homme qui fut un formidable sportif en plus d’avoir été un pêcheur émérite qui fabriquait lui-même ses mouches, un bon chasseur au gabion et un adepte des vacances à la mer. Dans sa jeunesse, il a touché à quasiment tous les sports que l’on pouvait pratiquer à Vire, de la boxe au rugby en passant par l’athlétisme. Mais, c’est au tir à l’arc qu’il aura les plus brillants résultats. Il pratique, dès les années 50, cette discipline qu’il abandonne sur « un coup de gueule ». Mais son goût pour ce sport est le plus fort. Il reprend l’entraînement comme un forcené au milieu des années 60. En 1968, il est quatre vingt neuvième au championnat de France, vingtième en 1969 (il bat au cours de cette même année le record d’Europe du 90 mètres), deuxième en 1970 et onzième en 1971. Enfin, en 1972, il remporte le titre.

Cela ne peut d’ailleurs pas mieux tomber puisque c’est l’année où, à Munich, après plusieurs décennies d’absence, le tir à l’arc redevient discipline olympique. Louis-Henry Lemirre qui a été vingt et une fois international représente donc la France avec François Tracanelli. Daniel Morelon ou Guy Drut, lors de ces Jeux Olympiques endeuillés par la mort des athlètes israéliens. Il se classe quarante-deuxième sur cinquante-cinq archers admis en finale. Louis-Henry Lemirre avait également des dons de pédagogue puisque beaucoup de ses élèves ont atteint le niveau national voire international. Il renouera avec le sport dans les années 80 en prenant une part active dans le développement du golf à Vire. Enfin, le 26 décembre 1991  en compagnie de la championne olympique Micheline Ostermeyer, il aura le bonheur d’accueillir, au milieu des jeunes, la flamme olympique des Jeux d’Albertville de passage à Vire.

Louis-Henry Lemirre était aussi « Loulou ». C’est d’ailleurs à ce titre que le journal l’Equipe du 4 septembre 1972 le présente comme le boute-en-train de l’équipe de France : » Ici tout le monde sait qui est Loulou, même les Mongols ! « . Pour le quotidien sportif, il est tout simplement « l’homme auquel la France doit ne pas passer complètement inaperçue au village olympique » ou encore « le Français le plus populaire ». Ce qui est vrai à Munich, l’est aussi dans son village natal. Il reconnaissait d’ailleurs qu’en sortant de son atelier où il était enformé des heures et des heures, il n’avait « qu’une envie, celle de rire et de faire rire ».

Gratteur de guitare dans sa jeunesse, admirateur de Georges Brassens avec lequel il avait de nombreux atomes crochus comme plus tard avec Gainsbourg, grand (1.80 mètre) et beau gosse « Loulou » s’accordait une seule qualité « la patience » et de très nombreux défauts comme « la rancune, le manque d’ordre ou la haine des papiers administratifs ». En 1965, Henry Lesage, son ancien professeur de sixième au collège, le décrivait avec justesse au travers de ces quelques touches : « artiste indépendant au franc parler », « frondeur aux propos hardis et un tantinet anarchisants », « un brin Tartarin et de gouaille parisienne ». A la même époque, une amie le définissait parfaitement comme un « fort en gueule truculent et menteur », un bon cœur et un mauvais caractère », « un  affreux cabotin débordant d’imagination et de joie de vivre », « un personnage habile à jouer avec les défaut des autres et à exploiter les sentiments du public ».

En 1991, l’année de sa dernière exposition personnelle, alors qu’il n’a que 62 ans, Louis-Henry Lemirre ressent les premiers symptômes de la maladie qui l’emportera. Il abandonne définitivement les pinceaux. Cependant, de 1992 à 1998, il a le bonheur d’être invité au Salon annuel des Artistes Professionnels organisé par la ville de Condé sur Noireau où il expose des œuvres anciennes. Le 26 janvier 1999, son état s’aggrave et nécessite son admission à l’hôpital de Vire d’où il ne sortira quasiment plus jusqu’à son décès le 1er août 2000, au terme de longues souffrances.

Au bout du compte, Louis-Henry Lemirre aura gagné son pari puisque ce technicien (il affirmait « la technique est ce qui me plaît le plus dans la peinture ») a pu vivre de sa passion en toute indépendance et dans la bonne ville de Vire où il a préféré être le premier plutôt que le deuxième ailleurs.

Article écrit à l’occasion de la rétrospective L-H Lemirre organisée par la Ville de Vire en Octobre 2003 avec l’aimable autorisation de celui qui fut son ami  Monsieur Jean-Yves Cousin, Député Maire de Vire.

 

L’Association  Arts & Culture

La Commune de Berville-sur-Mer

vous souhaitent une agréable visite.