Les Communes du Canton de Beuzeville
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Conteville : |
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Église Saint-Maclou XIIIe siècle A voir :
Église Saint-Maclou XIIIe siècle
Conteville eut un curé dont l'influence fut grande sur
la paroisse et sur le département : l'abbé François Gilles Rever de
Bauvez né à Dol le 8 avril 1753 mort le 12 novembre 1828. Député
de l'Eure à l'assemblée législative, il fut le fondateur de l'École
Centrale du Département de l'Eure au moment de la Révolution.
Auberge gastronomique du "Vieux Logis".
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Photos de la Fête "Arts et Tradition" 2003 à Saint-Pierre du Val |
Communauté de Communes de Beuzeville Dimanche 12 septembre 2004 de 9h à 19h
Expo Auto-Rétro La Compagnie Saint Michel Reconstitution d’un camp de l’Epoque Ducale Ecuries du Corbuchon Club Equestre de Martainville Défilé costumé évoquant le passage de Guillaume le Conquérant à Conteville J.P-Harmonie Le groupe « Les Bestioles » Restauration Champêtre Comité des Fêtes de Conteville
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CONTEVILLE
Le nom primitif de
Conteville est Comitisvilla, le domaine du Comte ; c’est
ainsi qu’on le trouve toujours dans le cartulaire de Préaux, dont les
rédacteurs étaient mieux placés que personne pour en bien connaître
l’orthographe et le sens.
Cette commune fut jadis le
chef-lieu d’un comté très important, dont la juridiction s’étendait
sur les paroisses de Berville-sur-Mer, Carbec, Grestain et Foulbec, même
probablement au-delà.
Vers le commencement du XIe
siècle, Conteville et ses dépendances paraissent être dans les mains
d’un petit chevalier rural (Eques pagensis), nommé Herlouin,
qui, par l’entremise du connétable Raoul de Gacé, épousa Arlette, déjà
mère de Guillaume-le-Bastard, appelé plus tard Guillaume-le-Conquérant.
Plusieurs historiens dignes
de foi prétendent qu’Arlette avait été, avant son alliance avec
Herlouin de Conteville, la concubine du comte d’Exmes, devenu quelques
années après duc de Normandie, sous le nom de Robert II, et décédé
à Nicée, le 2 juillet 1035, en revenant de pèlerinage de la
Terre-Sainte.
Afin que le lecteur puisse
en juger, en citant quelques écrivains, je reproduirai une page de la
vie privée antérieure du comte d’Exmes. Ce sont les circonstances de
l’amour, devenu à jamais si célèbre, de Robert pour la Falaisienne
Arlette, et dont le résultat fut la naissance de Guillaume-le-Bastard.
Ce surnom de Bastard,
donné au duc Guillaume même par son père, ainsi qu’on le verra plus
loin, n’a pas dû être écrit sans motif dans l’histoire des temps.
Voici un récit sans fard
concernant l’épisode d’Arlette, d’après l’abbé Langevin :
« Un jour, Robert
arrivait de la chasse ; l’amour, qui ne s’était pas encore
fait sentir en lui, l’enflamma tout-à-coup pour une fort belle,
gracieuse et jeune fille qui s’offrit à sa vue. C’était Herlève,
fille de Herbert, l’un des pelletiers de la ville (Falaise). Le comte
lui demanda sa fille d’une manière affectueuse, lui promit qu’il
n’aurait jamais d’autre femme. Le père, après quelques difficultés,
la lui accorda ; Herlève sut conserver son cœur jusqu’à la fin
de ses jours. »
La Chronique de
Normandie, citée par Galeron, rapporte à peu près le même fait :
« Advint une fois que
le duc Robert estait à Falaise, si vit la fille d’un bourgeois de la
ville, nommée Arleite. Cette fille fut belle, bonne et gracieuse et
pleut merveilleusement au duc Robert et tant qu’il la volt avoir à
amie et la requist moult affectueusement à son père. Cette requeste,
le père de prime face ne volt accorder. Et toutes foies fut du duc tant
prié et requis que par le très grand amour et affection qu’il vit
que le duc avait à la pucelle sa fille, il y mis son consentement et
l’accorda, au cas qu’il plairoit à la pucelle à laquelle il le
dist, et elle respondit : Mon père, je suis votre enfant, vous
pouvez ordonner et je suis prête à accomplir à mon pouvoir votre
vouloir. Et quant le duc le sceut si en eut moult grant joie … »
L’auteur des Voyages
sur l’eau s’exprime ainsi :
« Arlette, la très-chérie,
comme le disait son doux nom, que les Anglais ont osé rendre synonyme
de courtisane et de prostituée ; Arlette, qui parut si
divine au duc Robert-le-Magnifique, quand, se promenant au pied de la
tour de Falaise, il vit cette jolie fille, que le pelletier fugitif
avait sauvée de la fureur d’Edmond, se laver une robe dans la rivière,
les jambes découvertes jusqu’aux genoux ….. » « Des
piès et des jambes parurent,
Qui si très beaux et si
blancs furent
Que ce fut bien au duc
advis,
Que moins blanche était
flor de lys ! »
Texte de Robert Wace : « A
Falaise, out li dus hanté
Plusurs feis i out conversé.
Une meschine i out amée,
Arlet out nun, de burgeis née.
Meschine ert encore è pucèle,
Avenanz li sembla è bele.
Menée li fu a son lit. »
(Roman de Rou)
La Chronique de
Normandie dit encore que le duc Robert, en 1035, avant de quitter
ses états pour aller en Palestine, fit rassembler tous ces barons à
Rouen et leur proposa de reconnaître Guillaume pour son successeur.
« J’ai un petit
bastard, leur disait-il, qui croistra si Dieu plaist, de la
preudomie duquel j’espère beaucoup. Je ne suis en doute qu’il
ne soit mon fils ; pour ce, vous prie de le recevoir à
seigneur, et, dès à présent, je le saisis devant vous de la
duché comme mon héritier. »
M. Charpillon dit qu’Herlouin,
déjà veuf, épousa la maîtresse du duc Robert, et qu’elle lui
apporta en mariage le domaine de Conteville ; ceci me semble peu
probable, à moins de supposer qu’Arlette avait tenu ces biens de la
libéralité de son amant, ce qui est encore un secret enfoui avec les générations
éteintes. Je préfère croire que la terre de Conteville appartenait à
Herlouin, puisqu’il habitait ce pays longtemps avant son second
mariage ; il est même certain qu’il avait de nombreuses
possessions dans la contrée.
Mais quoi qu’il en soit,
de son union avec Arlette, le comte de Conteville eut deux fils et une
fille : Odon ou Eudes, qui devint évêque de Bayeux, et Robert qui
prit plus tard le titre de comte de Mortain ; tous deux célèbres
dans la suite par le rôle qu’ils jouèrent en Normandie et en
Angleterre. La fille, nommée Adélaïde ou Adélis, comtesse d’Aumale,
épousa Eude de Champagne.
Herlouin, sans cesse
tourmenté par une espèce de lèpre ou maladie dartreuse qui le défigurait,
s’était renfermé dans son manoir de Conteville, alors entouré de
fossés très-profonds et de retranchements de 25 pieds de hauteur,
existant encore en 1778, époque où ils furent nivelés et réunis au
presbytère actuel ; le comte Herlouin, dis-je, affligé de cette
douloureuse maladie, à laquelle il ne pouvait résister que par un
repos continuel, s’était déjà, depuis longtemps, retire dans ce château,
où il ne s’occupait plus que de dévotions et des superstitions de
l’époque.
Un jour, il crut voir, en
dormant, la sainte Vierge lui apparaître et lui dire :
« Tu iras, à ton réveil,
sur cette partie de la rive où sont épars de nombreux rochers. Non
loin de là, près d’une fontaine, existent des ruines d’une
chapelle qui me fut consacrée et que l’impiété des habitants a
laissé s’écrouler ; tu la relèveras, et un ecclésiastique
que tu y enverras viendra y servir mon autel.
« A ce prix, je te
promets guérison. »
Aussitôt Herlouin
s’empressa d’obéir à cet ordre céleste, et fit construire près
de la mer une chapelle où, quelque temps après, fut élevée
l’abbaye de Grestain ; mais on ignore si le comte de Conteville
recouvra la santé (1040).
Vers l’année 1066,
Guillaume, fils d’Arlette, alors duc de Normandie, forma l’audacieux
projet d’opérer une descente en Angleterre, sous prétexte que
l’ancien roi Edouard III, lors de son voyage en Normandie, l’avait
institué son héritier à la couronne d’Outre-Manche.
Dans cette expédition se
trouvèrent un grand nombre de seigneurs normands, entr’autres les
deux frères maternels du duc de Guillaume ; Robert fournissait
soixante-dix vaisseaux de guerre à l’expédition projetée, et Odon,
évêque de Bayeux, en donnait cinquante.
La traversée de la Manche
s’effectua avec beaucoup de difficultés ; aussitôt que cette
armée eut été débarquée sur les côtes anglaises, l’évêque Odon
se revêtit d’un surplis par-dessus ses armes pour célébrer la messe
et bénir les troupes réunies ; puis, saisissant une lance et un
bouclier, il monta son fameux coursier blanc et s’élança, accompagné
des siens, sur les phalanges ennemies où il se fit remarquer par des
prodiges de valeur, tandis que , d’un autre côté, Robert, son frère,
toujours auprès du duc Guillaume, combattait en intrépide chevalier.
L’armée normande
remporta, à Hastings, un succès complet sur Harold, qui venait de se
faire proclamer roi d’Angleterre. Cette glorieuse journée assura à
Guillaume la couronne de ce pays. Aussi récompensa-t-il largement tous
ceux des principaux seigneurs qui avaient le plus contribué à
remporter cette mémorable victoire. Odon reçut en récompense le comté
de Kent et la ville de Douvres, et Herlouin de Conteville lui-même,
sans avoir pris aucune part à l’expédition (soit à cause de son
grand âge, ou qu’il n’eût pu obtenir guérison de sa maladie), reçut
aussi de nombreuses donations.
Le duc Guillaume n’oublia
pas son frère Robert, qui avait si bravement combattu à ses côtés ;
il lui donna neuf cent soixante-treize manoirs dans dix-huit comtés. Ce
fut après l’attribution de ces récompenses que Robert pris le titre
de comte de Mortain et qu’il épousa Mathilde, fille de Roger de
Montgommery. Raoul de Conteville, né du premier mariage d’Herlouin,
ne fut pas sans avoir aussi une large part dans les dépouilles
ennemies.
Après avoir séjourné
quelque temps en Angleterre, Guillaume revint en Normandie et laissa
l’administration du pays conquis à l’évêque Odon et à Guillaume
Fitz-Osbern, qui, par leur cruauté et leurs exactions, provoquèrent,
sur différents points du royaume conquis, des révoltes qui furent très-difficiles
à comprimer.
Le duc Guillaume, ayant
appris qu’Odon, fier de tant de gloire et de richesses, ambitionnait même
jusqu’à la papauté, résolut de mettre un terme à son orgueil ;
il le fît arrêter en mer, au moment où il se dirigeait sur
l’Italie. Traduit devant les chefs normands, Odon, homme léger, méchant
et surtout attaché aux passions charnelles, fut accusé d’avoir abusé
de son pouvoir de juge et de comte, d’avoir spolié les églises,
enfin d’avoir tenté de séduire et d’emmener hors de l’Angleterre
les guerriers sur la foi desquels reposait le salut des conquérants
(1083). Il fut condamné aux fers et enfermé dans une forteresse de
Normandie.
L’évêque de Bayeux
resta ainsi pendant quelques années sous les verrous, et le duc
Guillaume, sur les instances réitérées de Robert de Mortain, son frère,
ne lui rendit la liberté qu’à regret. Mais, aussitôt libre,
l’ambitieux évêque recommença sa vie scandaleuse et ne mit plus de
bornes à ses mauvais penchants. Après avoir pris part à la querelle
de Robert Courteheuse contre Guillaume Le Roux, où il fut obligé de
fuir lâchement ; après avoir sanctionné devant les autels le
mariage illégitime de Philippe Ier, roi de France, avec
Bertrade de Montfort, Odon partit pour la première croisade et mourut
à Palerme en 1098 ; la sépulture lui fut donnée dans la cathédrale
de cette ville par son ami Gislebert, évêque d’Evreux.
A la nouvelle du décès du
duc Guillaume, arrivé au monastère de Saint-Gervais de Rouen en 1087,
le noble comte de Conteville quitta aussitôt sa résidence et se
transporta immédiatement, quoiqu’étant très-âgé, auprès des
restes mortels du glorieux fils d’Arlette, que tous les autres
seigneurs et barons avaient lâchement abandonné après sa mort. Arrivé
à Rouen, Herlouin seul prit le soin de la pompe funèbre et régla tout
pour faire accompagner le corps par l’archevêque de Rouen, jusqu’à
la ville de Caen, dans l’abbaye de Saint-Etienne, où le Conquérant
avait désigné d’avance le lieu de sa sépulture. Ce pieux devoir
rempli, Herlouin revint mourir en son manoir de Conteville et fut inhumé
dans l’abbaye de Grestain, à côté d’Arlette.
Robert, comte de Mortain,
succéda à son père à la seigneurie de Conteville. Excité à la révolte,
par son frère Odon, contre son neveu Guillaume Le Roux, qui venait de
monter sur le trône d’Angleterre à la mort du Conquérant, le comte
de Conteville fut bientôt forcé de se soumettre au roi qui lui
pardonna.
Après avoir fait de
nombreuses donations à l’abbaye de Grestain, dont il est regardé
comme le second bienfaiteur, Robert fonda, en 1082, la collégiale
de
Mortain ; il mourut à Conteville en 1090, et fut enterré
aussi à Grestain, près des restes de sa femme Mathilde, laissant trois
filles, unies à André de Vitré, à Guy de Laval et au comte de
Toulouse, et un fils nommé Guillaume, qui devint comte de Mortain et de
Conteville.
Ce dernier s’étant aussi
laissé entraîner à abandonner
le parti du roi Henri pour s’attacher au duc Robert, par son oncle
Robert de Bellême, qui était à cette époque le type des chevaliers félons
du moyen âge : - cruel, perfide et surtout plein d’audace et de
courage, Robert de Bellême n’avait rien de sacré ; depuis
longtemps déjà son armée de brigands qu’il soudoyait jetait la
terreur dans la campagne, pillait les monastères, massacrait les
habitants jusque sur les marches de l’autel ; chassé par le roi
d’Angleterre, il était venu exercer son génie malfaisant en
Normandie, et les pays qu’il ravagea ne goûtèrent le repos que
longtemps après, - le comte de Conteville, dis-je, étant ainsi poussé
à la révolte, se mit à la tête d’une troupe de chevaliers et fit
introduire dans Tinchebray, assiégé par l’armée royale, un convoi
considérable de vivres, après avoir fait couper dans les champs les
moissons encore vertes pour en fourrager ses chevaux.
« Ce jeune seigneur,
dit Orderic Vital, était si brave et si habile que les troupes du roi
n’osaient, devant lui, sortir de leurs retranchements pour lui
interdire l’entrée de la place. »
Peu de temps après,
Robert, voulant forcer le roi son frère à lever le siége de
Tinchebray, toujours bloqué, confia le commandement de l’aile droite
de son armée au comte de Conteville, et, après un combat sanglant de
part et d’autre, Robert et Guillaume, vaincus, furent faits
prisonniers. Le comte de Conteville fut dépouillé de tous ses biens
par le roi d’Angleterre, qui poussa même la barbarie jusqu’à lui
faire crever les yeux dans un cachot (1104).
A partir de cette époque,
Conteville fit partit du domaine ducal, jusqu’au moment où Richard-Cœur-de-Lion
l’échangea, le 18 janvier 1195, avec les moines de Jumièges, contre
le Pont-de-l’Arche.
Cette paroisse était alors
une vicomté, ainsi que l’apprennent les rôles de l’échiquier de
Normandie.
En 1180, on y trouve
Guillaume de la Mare, comme fermier de cette vicomté et de la
seigneurie de Boulleville, rendant compte au trésor de 170 livres (Rôl.
m. 9, r°) ;
Guillaume de la Mare était
encore le fermier de ces deux domaines réunis en 1195 (Rôl. m. 5, r°) ;
Plus tard, en 1198, Raoul
d’Ardenne rend aussi compte de 27 livres 3 sols pour la ferme de la
vicomté de Conteville et la seigneurie de Boulleville. Le comte de
Mortain reçoit 22 livres sur les domaines de Boulleville (Rôl. m. 12,
r°).
La même année, Richard Ier
de la Mare, abbé de Jumièges, rend compte de 20 livres qu’il
s’était obligé de payer annuellement pour le manoir de Conteville,
lors de l’échange du 18 janvier 1195 dont j’ai parlé plus haut.
L’année suivante (1199),
le roi Jean rendit le Pont-de-l’Arche à l’abbaye de Jumièges et
repris possession de Conteville, qu’il donna, quelque temps après, à
Gérard de Fornival, pour le service d’un fief de chevalier.
Pierre d’Estoker, en
1203, se trouvait fermier des domaines de Conteville et de Boulleville.
Le compte qu’il en rend est suivi de ce mémorandum : Girardus
de Fornival habet manerium de Contevilla per regem in quo duo presbyteri
Lexovienses habent 60 lib. Per annum de elemosyna statuta. Le même
compta aussi 10 sols pour l’étang de Rislectif qui avait été remis
en état (Rôl. m. 5, r°).
Ce Gérard de Fornival,
dont je viens de parler, était un des seigneurs normands qui, en 1197,
jugèrent le traité d’alliance arrêté entre Richard-Cœur-de-Lion
et Baudouin, comte de Flandre et du Hainault.
Il figure aussi comme témoin
dans plusieurs chartes du roi Jean, notamment en 1203, et, la même année,
on le retrouve encore au nombre des débiteurs de la couronne pour une
somme de 14 livres 4 sols qu’il avait reçue de Jean de Préaux pour
le fouage (M° 5, R°).
Philippe-Auguste échangea
Conteville, en 1210, avec l’abbaye de Jumièges, contre le
Pont-de-l’Arche ; il fut stipulé dans cet échange que les
moines paieraient au trésor royal : 40 livres à Pâques (ad
scaccarium Paschoe), et 40 autres livres à Saint-Michel (ad
scaccarium sancti Michaelis). Saint Louis confirma cet échange en
juillet 1246.
Les titres concernant l’échange
ci-dessus se trouvaient encore dans les coffres du trésor de Conteville
en 1784. Lors de l’inventaire de tous les papiers composant les
archives du trésor de Conteville (1783-1784), ces pièces furent cotées
sous la lettre E et ainsi décrites : « Deux pièces en
papier et parchemin ….. la première est un échange en 1210 (mil deux
cent dix), par Philippe, roy de France, de la terre de Conteville qui
lui appartenait, contre la ville de Pont-de-l’Arche et ses dépendances,
pour et autant qu’il en appartenait à l’abbaye de Jumièges, ainsi
qu’il est expliqué audit acte d’échange étant en latin, et la
seconde et dernière pièce de ladite liasse est la traduction en françois
du même acte. »
En 1238, Thomas du Buisson
vendit à l’abbaye de Jumièges, pour 65 livres tournois, un manoir
qu’il possédait à Conteville, situé entre le chemin de Grestain et
le chemin qui conduit à la Vigne : « Apud Contevillan
inter kaminum de Gresteno, ex una parte, et kaminum quod ducit ad Vineam,
ex altera ..... »
Un voleur fut pris en 1275,
ayant les deniers d’un homme de Quillebeuf, nommé Guillaume Havot.
Les preneurs, se rendant à Pont-Audemer, s’arrêtent à Conteville et
le lient à un poteau, la bourse au cou. Faux en fut fait par 15 livres
tournois que le vicomte en eut. Guillaume Havot perdit son argent …..
Il y avait à Conteville,
en 1286, un moulin nommé le moulin de la Croix et trois fiefs qui étaient ;
les fiefs de la Garenne, de la Vigne et des Bois. La vavassorerie des
Monts n’est connue qu’en 1475.
Au XVe siècle,
les habitants de Conteville étaient affranchis des droits de reliefs et
de treizièmes pour toutes les ventes faites dans l’étendue de leur
paroisse.
Lors de l’inventaire des
titres du trésor de Conteville, dont j’aurai encore plus loin
l’occasion de parler, on trouva la pièce suivante, analysée sous la
cote B :
« Une pièce en
parchemin qui est le pleds de la baronnie de Conteville, tenue devant M.
le sénéchal dudit lieu, en may 1514 ; au pied duquel (sic)
est la copie d’une attestation d’exemption des reliefs et treizièmes
pour toutes les ventes de fonds situés dans l’étendue de ladite
paroisse de Conteville, ladite attestation donnée par nombre
d’habitants des paroisses circonvoisines de Conteville, et reçue par
Guillaume Yon l’aisné et Guillaume Yon le jeune, tabellions jurés
pour le siége de Beuzeville, le 29 décembre 1438. »
Les prieur et religieux de
Grestain, à cette époque, reconnurent, eux aussi, « que les héritages
situés en la paroisse de Conteville, relevants de leurs fiefs et
seigneuries, étaient exempts de reliefs et de treizièmes, sauf ceux
dont les possesseurs se seraient obligés par titres ou reconnaissances,
qui ne sont pas compris dans ladite franchise et exemption ….. »
Ce privilège, qui fut si
souvent, dans la suite, contesté aux habitants, devait sans doute
remonter au temps où Conteville faisait partie du domaine royal, s’il
n’avait pas son origine dans les donations faites par Childebert à
saint Samson, évêque de Dol.
Le 22 mars 1526, l’abbé
et les religieux de Jumièges rendirent aveu au roi à cause de leur
baronnie de Conteville.
Au commencement du XVIIe
siècle, Pierre Gallet était curé de Conteville.
En 1646, on voit Georges
Gallet à la cure de cette paroisse.
Benoist Tallon, prêtre,
curé de Conteville en 1658, était prieur de Saint-Gervais et promoteur
général de Monseigneur l’illustrissime évêque de Dol, en
l’exemption de Saint-Samson.
En 1672, Nicolas Leroux était
chirurgien à Conteville.
Le 3 juin 1676, Guillaume
et Elie Lejugeur, père et fils, donnèrent et aumosnèrent une vergée
de terre à la confrérie du Rosaire à Conteville.
Le curé Benoist Tallon
obtint une sentence, en 1693, contre le trésorier en charge de cette
paroisse, pour l’obliger à fournir les linges et ornements nécessaires
pour la célébration de l’office divin.
En 1701, c’était Robert
Piedelièvre qui était curé de Conteville.
Pierre de Godefroy, de
Conteville, figure comme témoin dans un acte du 20 octobre 1701.
En 1704, la communauté de
la paroisse était tenue, pour obéir aux lois, de fournir et
armer quarante soldats destinés à la garde des côtes.
Les habitants de Conteville
se réunirent, au commencement de 1712, pour prendre une délibération
tendant à empêcher les moutons de pâturer sur leur territoire
communal, et, le 9 mai suivant, une sentence, intervenue au bailliage de
Pont-Audemer, accorda les fins de leur délibération, l’homologua et
régla la quantité de bestiaux que chacun d’eux pouvait y mettre.
Vers la même époque, le
trésor de cette paroisse se vit forcé de contribuer à la réédification
du nouveau manoir presbytéral de Saint-Pierre-du-Val.
Le 30 mai 1748, Jean
Besnard, fils de Jean, constitua, envers l’église de Saint-Maclou de
Conteville, une rente de 5 livres de Saint-Maclou de Conteville, une
rente de 5 livres, hypothéquée sur un labour sis au Petit-Bênet.
L’ancien presbytère de
Conteville, bâti en forme d’équerre, dans un endroit aussi humide
que malsain et menaçant ruine, fut démoli, en 1773, par le curé de la
paroisse, Nicolas Leclerc, qui se chargea de faire reconstruire à ses
frais celui que nous voyons aujourd’hui. Il demanda et obtint, le 3
octobre de la même année, l’autorisation des habitants pour prendre
sur les biens communaux tous les matériaux nécessaires pour élever
cet édifice.
Le trésor de l’église
de Conteville, en 1787, possédait trente-trois pièces de terre, situées
dans la paroisse, et la confrérie du Rosaire en avait trois ; le
tout contenait environ 15 acres.
En 1789, Jean-Stanislas
Baucher de Bellemare, conseiller du roi, vendit pour 15,000 livres
d’immeubles qu’il possédait à Conteville à diverses personnes,
notamment à Robert Thierry et aux enfants Harang.
L’église de Conteville,
qui est sous le vocable de saint Maclou, paraît dater du XIIIe
ou XIVe siècle, mais elle porte des marques de réparations
postérieures ; les fonds baptismaux sont romans.
Suivant une tradition
populaire, une chapelle antique, dédiée à saint Gervais, aurait existé
jadis sur les Pestis, non loin d’une petite fontaine appelée
fontaine Saint-Gervais. Des témoins oculaires rapportent qu’un sieur
Prévost, en creusant un réservoir dans sa cour, a rencontré des
restes d’anciennes fondations et des débris de toutes sortes. Un
jour, en allant, mais trop tard, me rendre compte de cette découverte,
je fus appelé par une bonne femme qui voulait, disait-elle, me montrer
un pied de saint Gervais. Etant entré chez elle, je fus très surpris
de voir ce pied se balancer au bout d’une corde : il servait de
poids à une horloge.
C’était véritablement
le pied droit d’une statue en pierre, presque fruste et d’un travail
assez grossier. Je crois pouvoir certifier que la statue n’avait pas
plus de 60 centimètres de hauteur et devait être très ancienne.
J’appris en même temps que ce fragment avait été recueilli dans les
fouilles du sieur Prévost, dont je viens de parler.
La tradition rapporte
encore qu’une foire, dite de Saint-Gervais, aurait eu lieu
annuellement près de cet endroit.
La charte de création de
l’ancienne foire Saint-Gervais, remontant sans doute à l’époque
où ce pays faisait encore partie du domaine royal, fut retrouvée le 16
janvier 1784, lors de l’inventaire des titres et papiers du trésor de
l’église de Conteville.
Aujourd’hui tout a
disparu. Cependant je suis persuadé que cette vieille pièce latine,
ainsi que d’autres aussi précieuses pour l’histoire locale, ne sont
pas perdues pour toujours ; cachées, au moment de la Terreur, dans
le clocher de l’église, elles ont dû passer depuis dans certaines
mains profanes. Mais, quel que soit celui qui peut les détenir indûment
aujourd’hui, il finira peut-être un jour par comprendre qu’elles
sont tout-à-fait déplacées sous son toit. C’est alors qu’on
pourra les recueillir pour les classer avec soin dans les archives
communales de Conteville, dont elles devraient faire déjà depuis
longtemps.
Depuis un temps immémorial,
il se tient chaque semaine deux petits marchés dans le bourg de
Conteville, l’un le jeudi et l’autre le dimanche. Il y avait jadis
une halle pour les grains. Les titres concernant l’établissement de
ces marchés existaient aussi dans les coffres du trésor, au moment de
l’inventaire dont je viens de parler.
Les habitants de cette
commune conserveront pendant de longues années le souvenir de M. Rever,
leur ancien curé et leur bienfaiteur.
M. Marie-François-Gilles
Rever de Beauvez est né à Dol de Bretagne, le 8 avril 1753 ; après
avoir professé la philosophie à Anges et à Dol, il fut envoyé par
l’évêque de cette dernière ville pour prendre possession de la cure
de Saint-Samson, où il fut installé le 19 novembre 1783 ; puis,
le 10 août 1784, il fut nommé curé de Conteville, qu’il desservait
encore au moment de la Révolution.
Quand cet odieux régime éclata,
il était entouré de l’affection de ses paroissiens, et, de son côté,
il conserva toujours une tendresse particulière pour cette famille que
l’église lui avait donnée. Ses testaments offrent des preuves
touchantes de cette réciprocité de sentiments. Par celui du 15 décembre
1819, il donne à la commune de Conteville l’ancien presbytère
qu’il avait acquis. « Je lui offre ce legs, dit-il, en
reconnaissance de l’affection qu’un très-grand nombre d’habitants
me témoignèrent tandis que j’étais en prison, des offres de
services qu’ils me firent et du dévouement dont ils me donnèrent
l’assurance, par le désir qu’ils avaient d’obtenir ma liberté.
Quoique depuis ce temps j’aie souvent été pauvre, je n’ai pu
prendre sur moi de tirer de ce local un autre parti que celui qui m’était
inspiré par la gratitude. J’en ai consigné la garantie entre les
mains de M. le maire. Je ratifie aujourd’hui ces dispositions avec
grand plaisir. » Et par celui de 1826, contenant un legs universel
au profil des habitants de Conteville, il revient encore sur le souvenir
qu’il avait gardé du temps où il exerçait parmi eux les saintes
fonctions de curé.
M. Rever fut successivement
député à l’Assemblée provinciale (1791), puis député à l’Assemblée
législative et l’un des administrateurs du département de l’Eure ;
membre correspondant de plusieurs sociétés savantes et de l’Institut,
dont il fut lauréat, il créa la bibliothèque publique d’Evreux et
l’école centrale de l’Eure. Parmi les ouvrages précieux qu’il a
laissés, je citerai ses Mémoires sur les ruines du Vieil-Evreux, ses
Mémoires sur les ruines de Lillebonne, son Voyage des élèves
de l’école centrale de l’Eure, et enfin ses Conjectures sur
les objets d’antiquité trouvés à Lillebonne.
A tous ses talents, M.
Rever joignait, ce qui est peut-être plus rare, une modestie et une défiance
de lui-même qui ont nui certainement à l’étendue et à l’éclat
de sa réputation. Ce sentiment se traduit sous forme d’humilité
vraiment chrétienne lorsque, dans ses dernières dispositions, en
fondant un lit à l’hospice de Pont-Audemer pour les malades de la
commune de Conteville, il disait : « Au pied de ce lit, il
sera placé un carton avec l’inscription suivante : Priez Dieu
pour le fondateur de votre lit ; mais je défends d’ajouter
mon nom, ni rien qui puisse l’indiquer.
Il n’est pas besoin
d’ajouter que, dans ce cœur généreux et aimant, les sentiments de
famille avaient aussi une large part. A sa mort, un petit paquet fut
trouvé soigneusement cacheté et ficelé, renfermant un peu de poussière ;
l’enveloppe portait ces mots : Terre de la tombe de ma bonne sœur,
à Dol.
Outre le legs du
presbytère dont il a été déjà question, M. Rever a encore procuré
à sa commune adoptive l’établissement d’une maison d’école,
celui d’un puits public et l’acquisition d’une pompe à incendie.
M. Rever est décédé à
Conteville le 12 novembre 1828 ; ses nombreux élèves ont fait élever
à sa mémoire un mémoire un monument dans le cimetière de la commune. FIEFS
Au commencement du XVIIIe
siècle, toutes ces petites seigneuries se trouvèrent réunies, par
acquisitions successives, à la baronnie de Conteville, dont elles
firent partie jusqu’à la Révolution.
1° Les Bois. – Il
est fait mention de ce fief dans un titre de 1286 ; Laurent Restant
était seigneur des Bois à Conteville en 1641 ; il fut remplacé,
en 1692, par Louis de Brinon, qui lui-même eut pour successeur une
branche de la famille de Grosourdy.
Restaut : d’argent,
à trois trèfles d’azur, 2 et 1.
De Brinon : d’azur,
au chevron d’or, au chef envoûté du même.
De Grosourdy : de
gueules, à la fasce d’argent accompagnée d’un croissant du même
au chef, et en pointe de deux rose aussi d’argent.
2° La Garenne. –
Ce fief est cité dans une charte de 1286. Au XVIIe siècle
et au commencement du XVIIIe, il se trouve dans les mains
d’une famille Piedelièvre, bourgeois de Pont-Audemer, dont l’un des
membres fut curé de Conteville, en 1711.
En 1714, Benoît Piedelièvre,
sieur de la Garenne, habitait aussi Pont-Audemer.
3° Mairie. –
Appartenait, vers 1770, à Joseph-Barthèlemy Morin, seigneur de
Conteville.
4° Le Guéret et la Hérichère.
– Ces deux fiefs devaient 36 livres 1 sol et 8 deniers de rentes
seigneuriales ; en 1768, ils étaient dans les mains de Jean et
Charles Bouchard. Une de leurs descendantes, Mme Agathe-Emélie
Bouchard, veuve de M. Dominique Cardine, a vu vendre, le 28 août 1868,
ses biens par expropriation.
5° La Londette. –
Etait dans les mains de la famille Lejugeur, sur la fin du XVIIe
siècle.
6° Les Julliens. –
Ce fief s’étendait sur dix-sept pièces de terre, sises à Conteville
et à Saint-Pierre ; au commencement du XVIIIe siècle,
il appartenait à Jean Jullien.
7° La Vigne. –
Les premiers seigneurs de ce fief que l’on connaît, ce sont les hoirs
Richard de la Vigne, tenant un quart de fief de ce nom.
Vers la deuxième moitié
du XVIIe siècle, ce fief appartenait à la famille Lejugeur.
Il fut ensuite réuni à la baronnie de Conteville par M. Cousin, qui en
fit l’acquisition.
Population de Conteville :
612 habitants, en 1877.
Hameaux : LA
VALLEE, LE THEIL, SAINT-PIERRE, LA FOSSE-TISSON, LA VIGNE, LE DOUY, LES
FRICHES, LA GARDERIE, LA GRANDE-MARE, LE HAMEAU-POTTIER, LES JULLIENS,
LES PELISSIERS, LA RUE-DU-BOIS, DESILLE, LA COTE-MAQUAIRE, L’EGLISE,
LA JUDEE, LES POTTIERS, LES RONCES, LE SARRAZIN, LE POIRRIER-AU-CHIEN,
LES PESTIS, LE VAL-DAVID ET LA COUR-CAILLE.
Limites : Foulbec,
Saint-Pierre, Berville et la Risle. Extrait : « Recherches sur BEUZEVILLE et son canton » E. FOUQUIER (1878
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