Les Communes du Canton de Beuzeville  

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Fiquefleur-Equainville    Site:www.cdc-beuzeville.com/fiquefleurequainville

Maire :             Michel Prentout

Adjoints :          J-P. Descelliers

                        Hébert

Conseillers municipaux;

Benoït Bosquer, Paulette Guesdon, Dominique Adam, Marius Bride, Eric Chouquet, Yonnick Delange, Marc De Sa, Pierre Delamare, Jacques Dorchies, Monique Lemaître, Dominique Roussel, Guy Viardot.

Secrétaire :      

Permanence mairie :

Téléphone :

Télécopie :

Émail :

Nombre d’habitants : 563

Superficie :      

A voir :

Église romane dédiée à Saint-Georges Xème siècle

Église Saint-Pierre XIIIe siècle

 

Autrefois : en 1066, Robert, comte de Mortain, donne le port de Fiquefleur à l'abbaye de Grestain.

L'abbaye du Bec avait des droits sur les halles du village.

Au XVIII0, le patronage de l'église revint au prieuré de Beaumont.

Equainville fut réuni à Fiquefleur en 1844. Ce village fut cité pour la première fois en 1215, quand Jourdain, évêque de Lisieux, concéda à son chapitre le patronage et quelques droits sur Equainville.

Six cafés. Deux moulins à blé. Une scierie. Un poste de douaniers.

Aujourd'hui : église Saint-Georges en pierre XVI0, quelques parties plus anciennes, plan roman.

Église Saint-Pierre d'Équainville, principalement XVI0, traces plus anciennes, matériaux divers, très restaurée et remaniée.

 

FIQUEFLEUR-EQUAINVILLE

 

Ier

FIQUEFLEUR

 

         Le nom de cette commune me paraît formé du mot saxon Wic, qui entre dans la composition d’un grand nombre de lieux en Angleterre et en Hollande, et ce mot est tiré du latin Vicus, qui veut dire bourg, gros village. La terminaison Fleur vient du latin Fluctus, en passant aussi par le saxon Fleot. De là est venu Flot, et de Flot on a fait Fleut et Fleur, la langue française se prêtant volontiers à cette terminaison.

         Au moyen-âge, le nom de Fiquefleur prenait des formes très-diverses : Ficquefleu, Ficquefluctus, Ficqueflui.

         Avant la conquête de l’Angleterre, Robert Bertrand, dit le Tort, et Suzanne, sa femme, donnèrent au prieuré de beaumont-en-Auge l’église de Saint-Georges de Fiquefleur et ses dépendances.

         Quelques années après (1066), Robert, comte de Mortain, frère utérin de Guillaume-le-Conquérant, donna à l’abbaye de Grestain les ports de Fiquefleur et de Carmeufleur.

         Par une charte en date de 1221, un autre Robert Bertrand confirma la donation de l’église faite au prieuré de Beaumont-en-Auge par ses ancêtres : Robert Bertrand, dit le Tort, et son épouse.

          « Eaque Robertus Tortus et uxor ejus Suzanna dederunt et concesserunt prefate ecclesie ….. scillicet ….. ecclesiam Sancti Georgii de Ficquefleu, cum omnibus pertinentiis quas ibidem possident ….. 

         Robert Bertrand, chevalier, seigneur de Honfleur, eut un procès à soutenir avec les religieux de Grestain, au sujet du droit de travers qu’il prétendait recevoir aux ports de Fiquefleur et de Carmeufleur. Les religieux, de leur côté, soutenaient avoir la pleine propriété de ces ports, en vertu de la donation de Robert, comte de Mortain, leur bienfaiteur, et de diverses chartes antérieures.

         Cette contestation fut terminée par une transaction, en 1255, par laquelle Robert Bertrand abandonna aux religieux de Grestain tous les droits et coutumes de ces ports qui devaient rester dans le même état ; il fut interdit aux moines d’y faire faire aucuns travaux, tant que les ports pourraient être améliorés par la mer ; il leur fut aussi défendu d’y faire aucunes nouvelles constructions, soit en bois, soit en pierre, sous peine d’être traduits devant les juges séculiers. Les moines avaient seulement la permission de curer la baie du moulin, si l’eau venait à l’obstruer, afin de lui faire reprendre son cours habituel ; de construire des ponts et d’avoir des pâturages et des champs.

         Aux XIIIe siècle, il paraît qu’il y avait des pêcheries d’une certaine importance à Fiquefleur. On trouve dans le Coustumier général de la vicomté de l’Eau de Rouen, article 71 :

         « Les heirs monseigneur Jehan des Vignes doivent à ladite vicontée quatre livres chinq soubz par an por II ….. les quieux doivent être rendus le jor de Chandeleur pour la costume des estaus au poisson de Honnefleu et de Fiquefleu, et pueent les sergants de ladite vicontée justice faire sur lesdits estaus se ladite rente n’est paiée au terme que ele est deue. »

         En 1297, les abbayes du Bec et de Grestain eurent entr’elles un différend qui se termina par un compromis, à cause d’une terre sise à Carmeufleu.

         Robert Frestel, chevalier, vendit, en 1324, à l’abbaye du Bec, son moulin de Neuilly, qui avait le droit d’avoir des halles ou étaux à Fiquefleur. Ce moulin était alors grevé de 40 sols de rente envers l’abbaye de Grestain.

         « Par une sentence rendue en 1403, dit M. Charpillon, entre l’abbaye du Bec et celle de Grestain, le Bec fut maintenu dans le droit de recevoir dans la ville de Fiquefleur la coutume du poisson frais, du pain et du sel ; Grestain fut condamné à payer aux moines du Bec 21 livres 10 sols de rente, à cause du fief du Bosc, sur quoi on avait à déduire une rente de 40 sols due aux religieux de Grestain, sur le moulin de Neuilly, acheté par le Bec. »

         Le même auteur ajouté :

         « Dans le grand aveu du Bec de 1521, on lit ce qui suit : « Item en icelle paroisse de Fiquefleur avons des halles auxquelles l’on vent le pain, le sel et le poisson frais, et de ce avons la coustume et à cause d’icelles halles devons au roy nostre dict seigneur, en sa recepte du Pont-Audemer, 7 sols 6 deniers de rente et aussy nous est due pour portion d’icelle ville 16 sols de rente par an. Et sy y avons droict de prendre et avoir la coustume du sel, pain et poesson frais par chacun jour de la semaine depuis le hamel de Jobles jusques au pont de Carmeufleu avec herbages et pasturages, hommes, hommages, rentes et revenus. »

         Mais plus tard, en 1544, l’abbaye du Bec céda tout ce qu’elle pouvait avoir de droits depuis le hamel de Jobles jusqu’au pont de Carmeufleu.

         En 1595, les trésoriers généraux de Rouen exprimèrent l’avis que pour rendre le port de Honfleur accessible, il fallait y amener les rivières de Fiquefleur et de Saint-Sauveur.

         L’église de Fiquefleur, placée sous le vocable de saint Georges et située au pied de la côte, sur le bord de la route de Honfleur, construite en forme de croix, semble dater du XIe siècle. Malgré plusieurs restaurations, elle a conservé, en général, tous les caractères de son architecture romane, du moins à l’extérieur ; à côté coule la fontaine Saint-Georges, qui a la vertu de guérir la fièvre ; aujourd’hui cette source miraculeuse, comme beaucoup d’autres, a bien perdu de son crédit ; elle n’est visitée que le jour de l’assemblée de Sa int-Gourgon, fête patronale de la commune.

         Il paraît, d’après une traduction, qu’il aurait existé jadis près de là un établissement de Templiers ; puis, après l’extinction des religieux de cet ordre, une petite communauté de moines, voués au soulagement des pèlerins qui allaient invoquer saint Clair dans la paroisse de Saint-Sauveur, Notre-Dame de Grâce à Equemauville et saint Méen à Carbec.

         Le territoire de Fiquefleur offre les traces de nombreux bouleversements : on y a découvert, sur le bord de la mer, des troncs d’arbres entiers et des vestiges de constructions submergées par les eaux. Des bandes armées ont aussi marqué leur passage sur les coteaux où l’on voit de petits tertres semblables à ceux que l’on rencontre dans le voisinage des anciennes enceintes militaires.

 

II

EQUAINVILLE

 

Equainville fut jadis, dans d’anciens titres, appelé Esqueville, ensuite Esquainville. Diverses chartes lui donnent, pour patron, saint-Pierre ; d’autres, saint-Ouen et Notre-Dame.

         En septembre 1215, Jourdain, évêque de Lisieux, concéda à son chapitre le patronage d’Equainville avec cinq setiers d’avoine qui étaient dus originairement à la dame Aline des Mares. C’est la première fois, dit M. Charpillon, que l’histoire fait mention de cette localité.

         On a tout lieu de croire qu’Equainville fit primitivement partie, comme Fiquefleur, du domaine de Robert Bertrand, dit le Tort, seigneur de Honfleur.

         Au mois d’octobre 1229, eut lieu une transaction, au sujet des églises de Norolles, Genneville et Equainville, entre l’évêque de Lisieux, d’une part, Robert Bertrand et Robert de Thibouville, de l’autre.

         Ensuite la seigneurie d’Equainville passa dans la famille de Thibouville, par alliance sans doute avec une Bertrand.

         Les successeurs de Richard de Villequier, propriétaire du fief du Boulley à Fatouville, avaient aussi un fief et des vassaux à Equainville, ainsi que le prouve, dit M. Charpillon, l’arrêt suivant, rendu à l’échiquier de 1236 :

         « On juge que Robert de Villequier pourra obtenir un bref de saisine contre ses vassaux d’Equainville, nonobstant qu’il soit mineur et qu’il soit mineur et qu’il maintienne l’abandon fait par son père au couvent de Corneville de 10 sols de rente et de l’étrain qu’il pouvait prendre dans leur grange, et qu’il maintienne aussi l’abandon de huit acres de terre que son père avait vendues à une femme dans sa dernière maladie. »

         Le même auteur ajoute : « En 1350, le seigneur de Thibouville est signalé comme patron de Saint-Pierre-d’Equainville, doyenné d’Honfleur ; à la même époque, le chapelain de la chapelle de la sainte Vierge dans la cathédrale de Lisieux, prenait le quart de la dîme d’Equainville. »

         D’après divers historiens, il se serait livré, en 1360, entre les Français et les Navarrais, une bataille sanglante dans un lieu appelé le Favril, à Equainville.

         A cette époque, le patronage d’Equainville donna lieu à de telles difficultés que le dauphin écrivit au bailli de Pont-Audemer pour lui faire défense de juger  le débat.

         En 1463, le patronage d’Equainville était encore vivement disputé entre trois prétendants : 1° Michel d’Estouteville, baron de Roncheville, au nom de Mairie de la Roche-Guyon, son épouse ; 2° Messire Jean, baron de Ferrières, au nom de Jeanne de Tilly, sa femme, dame de Thibouville ; 3° et le sire de Montenay, comme seigneur de Fauguernon.

         Mais cette contestation fut réglée par un arrêt du parlement qui décida en faveur du seigneur de Ferrières.

         Nicolas Odienne, alors curé d’Equainville, après avoir fait faire à ses frais de nombreux travaux à son presbytère qui menaçait ruine, donna aux habitants de la paroisse, le 17 décembre 1730, deux immeubles pour augmenter l’étendue de la cour presbytérale : le premier contenait une acre et consistait en cour plantée, enclose de haies et de murs, dans laquelle se trouvaient deux jardins et ….. un bassin d’une petite pièce d’eau ….. Cette cour bornait la masure appelée le Lieu-Chapelier, ancien domaine du presbytère et la rue Barette. Le deuxième immeuble était peu important.

         A cause de cette donation, les habitants d’Equainville devaient, à l’intention du donateur, faire dire, chaque année, deux messes basses, à perpétuité, dans leur église : la première devait être dite le 6 décembre, jour de la fête Saint-Nicolas, patron de leur bienfaiteur, et la deuxième, le jour de l’anniversaire de sa mort.

         Le 5 mars 1749, Jean-Pierre Vauviel, curé d’Equainville, agissant tant en son nom que comme cessionnaire aux droits du chapitre de Lisieux, pour dîmes de la paroisse, loua, moyennant 900 livres par an, à Pierre Grenguet, de Honfleur, et à Louis Bias, une portion des dîmes vertes et sèches « excroissantes et à excroistre » dans la paroisse d’Equainville. Le curé se réservait seulement la dîme des bois et sapins, ainsi que celle des laines et agneaux «  qui excroistront dans l’estendue de la dite portion. »

         L’église d’Equainville est insignifiante, elle est dédiée à saint Jean ; on y vient aussi en pèlerinage invoquer saint Marcou. Il s’y tient, chaque année, une assemblée à la Saint-Jean.

 

 

         Population de Fiquefleur-Equainville : 516 habitants, en 1877.

 

         Limites de Fiquefleur : Fatouville, Equainville, Ablon et la mer.

 

         Dépendances : LA CROIX-DE-PIERRE, JOBLES, RICBEC, LE VAL-FAROUT, LE VERT-BUISSON ET L’EGLISE.

 

         Limites d’Equainville : Fatouville, Saint-Pierre-du-Val, Manneville, Ablon et Fiquefleur.

 

         Dépendances : LA TERRERIE, LA LOGE, LES MONTS-HUGLET, LES MONTS-HATIVET, LES COTERIES, LES MARES, LE FAVRIL, LA CHIGNAYS, L’EGLISE, LA BOULAYE, LA CHIAIS OU LA QUIEZE, LA COTE, JOBLES, LA MARE- DUQUESNE ET LES MONTS-BAUDOIN.

 

Extrait : « Recherches sur BEUZEVILLE et son canton » E. FOUQUIER (1878)