Les Communes du Canton de Beuzeville
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Saint-Pierre du Val |
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SAINT-PIERRE-DU-VAL L’ancienne
commune de N.D. du Val fut réunie à Saint- Pierre-de-Châtel, en 1835,
sous le nom de Saint-Pierre-du-Val.
Au XIIe siècle, Saint-Pierre-du-Châtel et N.D. du
Val n’étaient pas encore séparés, et, réunies ensemble, ils furent
le siège d’une importante seigneurie, désignée par cette
qualification : L’honneur de Sainte-Marie-Eglise. Cet
honneur appartint primitivement à Herlouin, comte de Conteville, et,
par la descendance de celui-ci, il fit partie du comté de Mortain.
Il paraît que, dès cette époque, il existait un château fort
au chef-mois seigneurial, car l’honneur de Saint-Marie-Eglise avait
encore le nom de : Castellaria Castelli ou castri
de Sancte Marie Ecclesia.
En 1172, le service de chevalier était dû, à l’honneur de
Sainte-Marie-Eglise, par Richard de Triqueville (de Tregevilla), Geoffroy
Mauvoisin, Guillaume de la Mare (de Mara), Gauthier de
Boulleville (de Bollevilla), Samson (de Maremita), Ilbert
(de Willevilla) et Richard, fils de Helto.
A la même époque, Gilbert de l’Aunay tenait un demi-fief de
chevalier, de la vicomté de Conteville.
Mais, en 1180, Guillaume de la Mare, alors bailli d’Auge, avait
toute la ferme de l’honneur de Sainte-Marie-Eglise, qui était de 140
livres de rentes ; d’après le compte qu’il en rendit, on
trouve les mises suivantes : 1° A l’abbé de Grestain pour la dîme
des deux parties des moulins de Sainte-Marie-Eglise, 48 sols ; 2°
Au même pour la dîme du moulin de Gribouville (Gribouvilla), 32
sols ; 3° Aux Lépreux de Pont-Audemer, 14 livres ; 4° In
Liberationem eorum qui ceperunt sturgionem, 3s ; 5°
In operationibus auloe et capelloe et stabulorum de Sanctoe Marioe
ecclesia, 44lib 5s.5d.
La chapelle dont il vient d’être parlé ne pouvait être que
la future église de Saint-Pierre-du-Châtel.
En effet, plus tard, l’honneur de Saint-Marie-Eglise devint le
siège de deux paroisses distinctes : N.D. du Val, qui avait pour
patron l’abbaye du Bec, et Saint-Pierre-du-Châtel, dont le patronage
appartenait à Grestain.
Guillaume de la Mare, en 1195, rendit encore compte du bernage de
la vicomté de Sainte-Marie-Eglise.
En 1198, c’était Raoul d’Ardenne qui en était débiteur ;
il rendit comte, à cette date, de 12 setiers d’avoine pour chacune
des années 1197 et 1198. Le prix du setier était de 6 sols, et, chaque
année, le comte de Mortain recevait deux setiers d’avoine pour sa
part.
En 1203, Pierre d’Estoker était comptable de 14 livres 14 sols
pour 42 setiers d’avoine du bernage de la vicomté de
Sainte-Marie-Eglise.
Robert de Sainte-Marie-Eglise, chevalier, donna, en 1203, à
l’abbaye du Bec, le patronage, la dîme et autres redevances dudit
lieu. Plus tard, en 1294, cette abbaye fit retrait féodal, sur Raoul
Samson, du fief aux Samsons, situé dans la paroisse de
Sainte-Marie-Eglise. Ier NOTRE-DAME-DU-VAL
La paroisse de N.D.du Val ne dut être séparée de
Saint-Pierre-du-Châtel que vers le commencement du XIVe siècle,
lorsque le patronage en fut donné aux religieux du Bec.
En 1396, Jacques Legrand, esc., vendit à cette abbaye tout ce
qu’il possédait dans la paroisse de N.D. du Val.
En 1430, Guillaume Legrand, esc., rendit aveu à l’abbaye du
Bec, pour un quart de fief, qui était appelé fief de Sainte-Mère-Eglise,
et situé sur N.D. du Val et aux environs.
Le même Guillaume Legrand, esc., vendit, en 1439, aux religieux
du Bec la paroisse de N.D. du Val, avec toutes ses dépendances. IISAINT-PIERRE-DU-CHATELOn ignore encore à quelle date remontent l’église de Saint-Pierre et le château, qui ont donné leurs noms à cette paroisse.
Selon
M. de Saint-Amand, la fondation présumée du donjon primitif de
Saint-Pierre serait du Xe ou XIe siècle, et on a
la certitude de son existence à l’époque où le roi Jean régnait en
France, car des monnaies du temps de ce prince y ont été trouvées en
creusant un puits. «Cette forteresse, dit-il, située avec avantage à
l’angle d’un coteau qui domine deux vallées, devait maîtriser le
pays dans les temps du moyen-âge, et pouvait soutenir avec succès les
assauts des voisins guerroyants. »
Quelques ruines et un large et profond fossé, qui se voient
encore à l’entrée du parc, peuvent donner une idée précise de son
premier emplacement.
On prétend que l’ancienne forteresse de Saint-Pierre fut détruite
par les Anglais lorsqu’ils abandonnèrent le pays, et que le château
actuel fut élevé après la destruction du donjon.
Ces années dernières, en perçant, à travers le bois de
Saint-Pierre, le chemin de Grestain à Saint-Maclou, des ouvriers ont
mis à découvert, au bas de la côte, sous un gros hêtre, au-dessous
du château, une trentaine de squelettes humains, paraissant avoir été
jetés pêle-mêle dans la fosse qui les contenait. Les ouvriers disent
qu’il y en a encore d’autres au même endroit, recouverts
d’environ 80 centimètres de terre.
On remarque à Saint-Pierre-du-Val, au hameau du Grand-Boscher,
un terrain d’environ 30 ares qui était, il y a quelques années,
couvert de broussailles et de buis ; situé sur un plateau assez élevé,
par sa forme montueuse et accidentée, il faisait alors contraste evec
les terres voisines. De temps immémorial on l’avait toujours vu dans
le même état ; c’est ce qui lui a valu le nom de Bois-des-Buis. On y a souvent rattaché des histoires de revenants, et nul, jusqu’alors, n’avait songé à y faire des recherches, lorsqu’au mois de mars 1857, des terrassiers, chargés par le propriétaire de fouiller et niveler une partie de ce terrain, reconnurent que c’étaient des débris d’antiques constructions, ils trouvèrent, parmi des restes de maçonneries en silex, quantité de grandes tuiles plates, à rebord de chaque côté, d’autres courbées, des fragments de poteries, des vases, des fioles peintes en rouge et en brun avec des filets.
On a tout lieu de croire que ce pouvait être une place
importante gallo-romaine.
L’église de Saint-Pierre n’offre aucun intérêt
remarquable. « On vient, dit M. Canel, y invoquer Saint-Marcou,
pour les plaies, et Saint-Firmin, pour les faiblesses et les picotements
désignés sous l’inexacte dénomination de fourmilière. Le
culte de Saint-Firmin offre, dans nos contrées, une particularité
assez remarquable : suivant les indispositions, on l’invoque sous
la qualification de Saint-Firmin en feu, Saint-Firmin l’engelé,
Saint-Firmin l’accroupi et Saint-Firmin le frétillant. »
« Saint-Pierre, ajoute le même auteur, est le pays natal
de Dufour, pharmacien connu par un grand nombre d’articles remplis
d’intérêt et de science, qu’il publia dans les journaux de
pharmacie. Il commença sont éducation chez les curé de Saint-Pierre.
Bientôt après il se livra à l’étude des sciences, et cultiva
particulièrement la botanique et la chimie. Lorsqu’il eut cessé d’être
pharmacien en chef de l’armée, il vint s’établir à Lisieux, où
il s’attira l’estime générale par ses connaissances et sa probité.
Le célèbre chimiste Vauquelin l’honorait de son amitié et
entretenait avec lui une correspondance suivie : il lui envoya même
un de ses élèves pour le suppléer dans ses travaux, pendant sa dernière
maladie. Dufour est mort le 22 février 1826, à l’âge de 55 ans,
membre de la Société Linnéenne de Normandie ; il fit partie,
pendant huit ans, du jury de médecine du Calvados. »
En 1650, Jean Lemasson, curé de Saint-Pierre-du-Châtel, possédait
divers immeubles en cette paroisse.
Robert Heuzey, sieur de la Montagne, en 1651, était propriétaire,
à Saint-Pierre-du-Châtel, d’un assez grand nombre de biens relevant
de la sieurie du Boscher et de la vavassorerie de Sainte-Marie.
Le 3 décembre 1706, Nicolas Grandin, curé de Saint-Pierre,
donna à fieffe perpétuelle et irracquitable, moyennant 20 livres de
rente annuelle, à Alexandre Haudard, bourgeois de Rouen c’est asçavoir
une place avec le droit de sépulture et de scéance pour luy et ses
hoirs, qui est la première place devant l’autel de Saint-Firmin, dans
ladite église de Saint-Pierre-du-Chastel, laquelle place est de
lonqueur de cinq pieds et de largeur de quatre pieds environ, sur
laquelle le sieur Haudard fera placer un banc tel qu’il le jugera à
propos pour luy et sa famille.
En 1766, les grosses dîmes de Saint-Pierre-du-Châtel,
appartenant à l’abbaye de Grestain, furent louées 1200 livres. Les
religieux nommaient à la cure.
Vers 1712, les habitants de Conteville furent obligés de
contribuer, pour une part, à la réédification du nouveau presbytère
de Saint-Pierre-du Châtel.
Population de Saint-Pierre-du-Val :
601 habitants, en 1877.
Limites de la section de Saint-Pierre-du-Châtel :
Boulleville, Beuzeville, Manneville-la-Raoult, Fiquefleur-Equainville,
Fatouville-Grestain (section de Carbec-Grestain), Conteville et Foulbec.
Dépendances :
La Bailleulerie, Le Boscher, La Bigrerie, La Boulaye, La Charrière-Bardel,
Le Château, Le Cotentin, La Dufourerie, Les Farout, Les Grémont, La
Maison-Mauger, Le Mesnil-Ferry, Le Moulin, Les Parquets, La Ronce,
Saint-Pierre-du-Châtel, La Vallée et Le Val-Jouen.
Limites de la section de N.D. du Val :
Saint-Pierre, Manneville, Fiquefleur-Equainville (section d’Equainville)
et Fatouville.
Dépendances :
Les Patins, Le Mesnil et l’Église.
« Recherches
sur BEUZEVILLE et son canton » d’E. FOUQUIER.
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